
Leader du Tour Nivernais Morvan.
Bonjour à tous. Ça faisait longtemps ! Je vais donc tâcher de vous donner quelques nouvelles de mes dernières courses.
Nous nous étions quittés après ma deuxième place obtenue dans la course de Cusset après un périple de 80km. Mon programme m'emmenait ensuite au Tour Nivernais Morvan (TNM) où l'équipe à une nouvelle fois bien marchée et où j'ai pu me mettre en évidence. En effet, après un chrono par équipe de 26km, terminé à la troisième place et une étape l'après-midi ne créant pas d'écarts, je me retrouvais dans la bonne échappée du vendredi en compagnie de mon équipier Olivier Grammaire. Je prenais la 7e place de l'étape, mais j'enfilais surtout le maillot jaune de leader de ce TNM, étant le mieux placé du groupe au général. Malheureusement, l'euphorie était de courte durée avec une étape très difficile le lendemain et des attaques à répétition de mes adversaires directs. Sous une grosse chaleur, Luminet était intenable et alla glaner l'étape en plus de la place de leader. L'équipe a fait un très bon boulot, Olivier, Jérémie Dérangère et surtout David Burgy restant le plus longtemps possible avec moi. Sur la fin, la montée de 7km des brenets précédant la montée finale sur Château-Chinon était de trop pour mes équipiers. J'essayais de répondre aux différentes attaques, mais je me rendais vite compte que Luminet était dans un grand jour. Cette étape si difficile (une des plus dures chez les élites 2 je pense !), la chaleur et des adversaires plus forts ce jour-là ont eu raison de moi, même si je me suis battu au maximum jusqu'à la ligne d'arrivée. La dernière étape ne changeait rien malgré une échappée de onze coureurs (dont Olivier Nari de chez nous) et je terminais ce TNM à la 6e place au général. Cette course m'a beaucoup appris sur la façon de négocier et gérer le statut de leader même si j'aurais préféré une autre issue.
Le week-end suivant était consacré au traditionnel championnat de France, la veille des professionnels. Même si j'ai déjà participé « aux Frances » dans les catégories de jeune (cadet et junior : 9e en 1998 en junior 2), c'est la première fois que j'y participe chez les élites. Comme vous avez peut-être pu vous en rendre compte à la télévision lors de la course des pros, le circuit était plutôt... sélectif ! Cependant, je savais qu'il fallait courir à l'avant mais sans faire trop d'efforts, histoire de ne pas courir à contretemps. Je me retrouvais dans une échappée de 12 éléments dès le deuxième tour et je n'allais pas quitter la tête de la course jusqu'à la fin du 6e. Entre temps, plusieurs coureurs étaient revenus de l'arrière (dont mes équipiers Jérémy Dérangère (DD) et Olivier Grammaire, portant le nombre de fuyards à 25, alors que d'autres avaient craqué. Cependant, trois coureurs, dont mon équipier Olivier Grammaire, avaient pris les devants et ouvraient la route depuis quelque temps, rendant l'entente instable dans mon groupe. Ceci favorisa le retour de ce qui restait du peloton principal (une cinquantaine d'éléments) au passage sur la ligne alors qu'il restait encore quatre tours de 16,6km à effectuer. Ce retour me mit un petit coup au moral. Dans cette ascension, un groupe d'une douzaine d'hommes repartaient, et je ne faisais pas l'effort, pensant que d'autres du peloton le feraient. Grosse erreur ! En plus du coup au moral, les jambes se faisaient de plus en plus dures, à moins que tout ceci soit lié. La fin fut difficile pour moi. Voyant mes chances de podium s'envoler, je décidais tout de même de continuer. Je n'aime pas « bâcher », alors encore moins le jour des « Frances » ! Jérémy avait été piégé comme moi, alors qu'Olivier, pour ça part, terminait à une très belle 11e place, après avoir été victime d'une crevaison et tout fait devant. Quelle santé ce coureur !
Après trois jours sans vélo pour décompresser et quelques entraînements, j'étais ce week-end sur les routes du Tour du Pays Roannais (TPR). Un prologue par équipe, ne comptant pas pour le général, avait lieu vendredi soir afin de distribuer les maillots distinctifs et attribuer l'ordre des voitures pour la première place. Prenant la 3e place et passant la ligne en première position, le maillot à pois de meilleur grimpeur m'étais remis afin de le porter le lendemain.
Le samedi était composé d'une étape de 106km le matin et d'un chrono individuel de 14km l'après midi. Lors de l'étape matinale, je m'échappais en compagnie d'Alexandre Urbain de Nogent et Leclerc du team Odass après seulement vingt bornes. La route n'était jamais plate et ne rendait pas du tout. Nous n'amusions pas le terrain et le peloton laissait une marge assez réduite (environ une minute), ce qui nous forçait à rester toujours en prise. J'en profitais au passage pour glaner des points au GPM et lors des points chauds (PC). Après 60km de fugue, nous étions repris à 25km de l'arrivée, sur le circuit final. Je m'accrochais pour ne pas péter, alors qu'à l'avant du peloton, les attaques fusaient. La « bonne » trouvait l'ouverture à quelques kilomètres de la ligne, avec dans ses rangs notre inévitable Olivier Grammaire. Après avoir été huit, ils sont cinq à se disputer la victoire dans la bosse d'arrivée, où olivier se détache inexorablement dans les derniers mètres pour lever les bras avec 2secondes d'avance sur le deuxième. DD réglait le sprint du peloton pour prendre la 6e place, David Burgy terminait au sein du peloton, alors que moi et Martial Locatelli terminions un peu détachés. Après avoir porté le maillot à pois toute l'étape, je pouvais encore goûter aux joies du podium en endossant cette fois le maillot vert des PC, Olivier endossant pour sa part le maillot jaune de leader.
Le clm de l'après-midi était une autre histoire avec 14km en montée. Plus ou moins raide, mais toujours en montée. Malheurs ! Ce n'est pas que je n'aime pas quand ça monte, mais après avoir fait mon « raid » du matin, j'étais plutôt « collé » l'après-midi. Pas de force. Je m'efforçais donc de finir dans les délais. Demain est un autre jour ! Surtout que notre infatigable Olivier, très en forme actuellement, remportait sa deuxième étape dans la journée et confortait ainsi son statut de leader. Il fallait donc garder des forces pour défendre le maillot le lendemain.
Et des forces, il aurait fallu en avoir davantage. L'étape s'annonçait difficile avec un relief très accidenté et une arrivée au sommet à 1150m. Une échappée prenait rapidement le large avec Cousinié comme adversaire le plus dangereux pointé à 1min45sec au général. Nous avions le temps de voir venir, nous effectuions donc un tempo (moi, Martial et David, Jérémy étant préservé pour aider Olivier dans les secteurs plus difficiles de fin de parcours) permettant de contrôler l'échappée à distance. Nous laissions l'écart oscillé entre deux et trois minutes, sachant que l'écart pourrait ensuite être rapidement comblé avec les difficultés de fin détape. Seulement, après 50km, les choses se gâtaient avec le premier col. Nous perdions Martial, diminué par une intoxication, et j'étais victime d'un incident mécanique au pied de la difficulté me contraignant à m'arrêter. Il ne restait plus que David et Jérémy avec Olivier, ce qui déclenchait plusieurs attaques de nos adversaires. Motivé à l'idée de défendre ce maillot, je ne me décourageais pas à l'idée de recoller au peloton. Je n'allais tout de même pas laisser l'équipe à ce moment-là, avec tout ce qu'ils avaient fait pour moi sur le TNM, ils avaient encore besoin de moi. Heureusement les jambes répondaient bien, j'effectuais une grosse remontée des coureurs qui se faisaient lâcher du peloton et, au prix d'un gros effort, j'effectuais la jonction après 10km de chasse en compagnie de David, un moment lâché. Nous reprenions rapidement notre place en tête de peloton afin de montrer que notre leader était encore soutenu. Après une courte descente, la route s'élevait de nouveau pour ne plus redescendre avant le premier passage sur la ligne, c'est-à-dire pendant 17km. Nous continuions avec David notre tempo pour stabiliser l'écart redescendu à 1min45sec, mais dans la partie la plus difficile, à 6km du sommet, les hommes placés au général recommençaient à harceler notre leader. Ceci avait pour conséquence de nous faire sauter, Olivier n'étant plus accompagné que par Jérémy. Nous tentions avec David d'effectuer la jonction dans la descente. Seulement, celle-ci se réalisait au pied de la deuxième ascension finale (6km). À ce moment, s'en était trop. Plus rien dans les socquettes, un petit coup de chaud n'arrangeant rien. Olivier se retrouvait à présent seul pour défendre sa place de leader, Jérémy ayant tout donné. Malheureusement, trop seul. Comme toute l'équipe, il a donné son maximum, mais ce n'a pas suffi. Herbreteau gagnait l'étape alors que Mandri dépossédait Olivier de son maillot jaune. Je perdais également mon maillot vert, mais me forçais à finir afin de figurer au classement. Il est difficile d'aborder une telle étape dans la position de leader car tout le poids de la course repose sur l'équipe, l'effectif de cinq coureurs ne favorisant pas la défense du maillot. La difficulté du parcours et la force de nos adversaires ayant eu raison de nous cette fois-ci. Mais je pense que nous pouvons être satisfait des deux victoires d'étape d'Olivier.
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