
Quelques regrets :
- Tout d'abord de m'être gaufré derrière scooter, le vendredi précédant le départ de l'épreuve, par la faute de deux inattentifs. Une gamelle à 55 à l'heure, ça laisse toujours des traces. Cependant, je peux dire un grand merci à Emmanuel François, l'ostéo qui m'a pris d'urgence afin que je ne sois pas dans un trop mauvais état au départ de ce Ruban Granitier Breton. J'ai tout de même senti que je n'avais pas tout à fait récupéré pour le prologue, ma cuisse me faisant toujours mal. N'ayant pas besoin de ça, je m'élançais sur le mouillé comme une partie du peloton, perdant ainsi de précieuses secondes. 5,3 kilomètres, c'est court et long à la fois. Un effort violent où je déboursais malheureusement 37 secondes.
- Ensuite, de crever lors de la deuxième étape sur des routes difficiles et à un moment très tendu de la course. J'ai mis 20 kilomètres à rentrer, après m'être demandé si le ruban n'allait pas s'arrêter là pour moi, laissant beaucoup de forces dans la chasse. Celles-ci m'ont manqué dans le final de cette étape que Pétilleau gagne.
- La 2e place de notre Australien, Kieren Cameron, lors de cette même étape. Il règle le sprint du peloton. Dommage, il y avait un motard devant...
- Encore une chute lors de l'étape la plus longue, la troisième, effectuée sous la pluie. Après avoir attaqué dans la descente du circuit afin d'effectuer la jonction avec les cinq échappés, je me fais reprendre à 200m de la ligne par le peloton amoindri. Un abruti m'accroche le guidon, m'envoyant au sol sur mes plaies encore fraîches. Il a du bol que je n'ai pas vu son dossard...
- De ne pas avoir été au bout de mon échappée de la quatrième étape (si si, le lendemain de ma chute !). Nous étions quatre, puis trois sur le circuit final, à échouer à même pas 10 kilomètres du but. Il nous a manqué un ou deux coureurs en plus, ou peut être des relais plus appuyés...
- De n'avoir pas eu la force d'accompagner Guilbert, puis Pétilleau, sur le circuit final de la cinquième étape, cela m'aurait permis de jouer un bon coup pour le général. L'échappée de la veille, me pesant encore dans les jambes, en aura décidé autrement.
- Que Romain Mary, mon équipier, n'aille pas au bout de son échappée lors de l'ultime étape, il l'aurait mérité.
- Que le ruban se termine. Car à remonter d'une dizaine de places environ tous les jours, je l'aurais peut-être bien remporté un jour...
Mais aussi des satisfactions :
- De m'être montré offensif toute la semaine, ma 5e place au prix de la combativité reflétant bien mon état d'esprit.
- D'avoir été de mieux en mieux au cours de la semaine, passant de la 67e place au prologue, à la 15e place au classement général final.
- La 2e place de notre Australien, Kieren Cameron, lors de la 2e étape.
- De m'être montré lors de la 4e étape en effectuant une échappée de 100 kilomètres à quatre après avoir bouché 30 secondes sur l'échappée initiale. Ceci le lendemain de ma deuxième chute en une semaine. Mais surtout de m'être accroché ensuite afin d'arriver dans le même temps que le peloton réduit à une cinquantaine d'unités.
- Justement, de ne jamais avoir baissé les bras, restant motivé pour une victoire détape ou un bon classement au général.
- De ne pas avoir péter dans Mûr-de-Bretagne. Je m'en serais voulu...
- Le maillot à pois d'Olivier Grammaire, mon équipier, qui l'a porté de bout en bout.
- La bonne ambiance dans l'équipe. Ah, elle était belle à voir cette bonne tablée le soir des étapes...
- Les bons massages de Sophie après l'étape... Mais là on s'égare un peu !
- Le sursaut d'orgueil de notre sprinter maison, Romain Mary, lors de l'ultime étape.
Bilan donc mitigé avec le regret de n'avoir pas pu atteindre mon objectif, décrocher une victoire d'étape ou un meilleur classement général final, et la satisfaction d'avoir tout donné avec les moyens qui étaient les miens après ces chutes, montrant que je peux être performant sur une semaine. Mais ce que je retiendrais le plus, c'est le plaisir que j'ai eu à pédaler toute la semaine. J'étais heureux de bagarrer, un vrai cadet. Et le monde... La Bretagne est vraiment une terre de cyclisme. Pédaler devant toute cette foule, ça transcende... Vivement la prochaine course !
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