
C'est un programme copieux qui m'attendait ce week-end de pâques. Non pas en raison du chocolat, mais plutôt concernant une possible indigestion de kilomètres en compétition. Pour mon troisième week-end de course, j'avais décidé d'enchaîner trois épreuves afin de préparer les prochaines échéances d'avril comprenant quelques courses à étapes.
Ma trilogie commençait samedi avec le grand prix de Saint Etienne sur un circuit sélectif accumulant environ 2500m de dénivelé en 140 bornes. Malgré la pluie annoncée, le temps allait rester clément, mais ce n'est pas pour ça que la mise en route allait se faire dans la facilité. Le départ et l'arrivée étaient au même endroit. Cependant, ils ne se trouvaient pas sur le circuit d'une trentaine de kilomètres que nous allions chercher à dix bornes de là. Le départ était rapide du fait du vent favorable, ceci malgré une portion toute en montée.
Quelques attaques fusaient, et c'est mon équipier Olivier Grammaire qui trouvait l'ouverture en compagnie d'un autre coureur. Le peloton tardant à réagir, il prenait rapidement de l'avance. Seulement, à deux, ils dépensaient beaucoup d'énergie à l'avant, surtout qu'Olivier faisait la majeure partie du travail. Après une moitié de course passée dans cette configuration de course, les deux fuyards se faisaient reprendre, Olivier se consolant avec le statut de meilleur grimpeur. C'est toujours ça de gagné. Durant cette première partie de course, mes sensations étaient mitigées avec un sentiment de ne pas être « débloqué » à rester dans les roues, accompagnées d'un sentiment d'avoir tout de même de bonnes jambes. La suite des évènements allait me donner la réponse. Dans le troisième tour, l'équipe de Charvieu faisait monter fort pour leur leader Ben Johnson et cela permettait de faire décanter un peu la course. Le peloton s'étirait et quelques lâchés commençaient à être dénombrés. Les jambes répondaient bien, mais, étant mal placé au pied de la bosse, j'étais obligé de faire l'effort pour boucher les trous. Je parvenais quand même à basculer avec le groupe des meilleurs, devancé de trois coureurs, dont mon équipier Jérémy Dérangère (DD), au passage du prix de la montagne. Je sortais aussitôt dans un contre au début de la descente et nous comblions rapidement l'écart. Nous voilà donc partis à neuf en échappée, une quarantaine de kilomètre nous restant à couvrir avec la bosse de sept kilomètre comme juge de paix. Je remarquais « amusé » avec DD que cela ne parlait pas beaucoup français dans le groupe. Normal, nous étions les seuls français. Les attaques débutaient dès le pied et DD partait dans un groupe de six. Personnellement, j'essuyais un grave coup de moins bien et me retrouvais avec deux autres compères pas mieux lotis. Je me refaisais un peu sur le haut alors que nous étions qu'à vingt secondes de la tête, DD n'étant plus accompagné que de deux adversaires. Un coureur de la pomme Marseille revenait de l'arrière, alors que nous reprenions un coureur de Mantes la ville qui n'avait pu suivre le train des premiers. Au final, DD sortait deuxième de son sprint à trois, alors que je prenais la septième place.
Sur un circuit usant, je suis une nouvelle fois ravi de l'esprit qui s'est dégagé de l'équipe et je vois que la forme est là, ne me manquant plus grand chose pour jouer la gagne.
Le second épisode de mon week-end se situait plus haut géographiquement, à Saint Lyé dans l'Aube exactement, avec un profil à l'opposé de ce qu'on avait pu connaître la veille : un parcours « raplapla ». La seule difficulté étant le vent assez fort... Ainsi qu'un bon mal de jambes !
La course partait rapidement avec le vent dans le dos, le compteur avoisinant les 55-60 les premiers kilomètres. J'attendais que ça se calme un peu, et surtout que le mal de jambes veuille bien me laisser tranquille. Ça fait toujours ça le deuxième jour de course, il faut le temps que ça se débloque. À dire vrai, je n'ai pas attendu bien longtemps. Dès le premier tour de dix-neuf kilomètre, je me retrouvais encore en compagnie de DD au sein d'un groupe d'une quinzaine de fuyards. Nous passions l'ensemble de la course à l'avant malgré l'écart avec le peloton qui restait toujours mince. Au cours de l'avant-dernier tour, je répondais à une attaque de Kevin Enfert de l'UV Aube et nous emmenions avec nous cinq autres coureurs, DD étant toujours de la partie. Au début du dernier tour, DD plaçait une attaque et seulement K. Enfert (encore lui !) parvenait à le suivre. Après m'être joué des autres compagnons d'échappée, je réussissais à faire seul la jonction, nous permettant ainsi d'être dans une position favorable. Seulement, à commencer à attaquer si tôt, nous avions peut-être oublié un peu vite le possible retour du peloton. Celui-ci pointait à 45 secondes à dix kilomètres de l'arrivée, moment choisi par DD pour placer une nouvelle banderille. Il jouait plutôt ma carte pensant que notre adversaire allait réagir, me permettant ainsi un contre décisif. Seulement, nous l'avions un peu sur estimé et il ne pu répondre. C'était donc fini pour lui, et pour moi par la même occasion, car le peloton nous avalait inévitablement. DD parvenait à garder une légère avance et s'imposait, débloquant ainsi le compteur de l'équipe pour la saison 2005. À croire que notre directeur sportif exceptionnel du jour, Hervé Grammaire, porte chance car le même dénouement heureux s'était produit l'an dernier. Romain Mary, notre sprinter, terminait quatrième, alors que le reste des troupes (moi, Olivier Nari, Olivier Grammaire) finissait dans le peloton. J'ai vu que je récupérais bien sur deux jours, alors il restait une « étape » pour savoir si c'était de même sur trois.
Le grand prix de Vougy était notre dernier épisode de la trilogie, mais pas le plus facile. Un parcours avec peu de récupérations, enchaînant onze tours dont huit avec une bosse étroite (deux de front seulement !) et raide que nous abordions au pied d'une descente rapide, mais après un virage en épingle. Pas évident à gérer, le placement étant primordial pour ne pas subir les à coups usant qui te vident déjà quelques cartouches avant d'être dans le final.
Comme la veille, le principal pour moi en début de course était de faire passer le « mal de cannes ». J'essayais également de repérer un peu les endroits stratégiques du parcours, afin de les aborder au mieux en remontant au meilleur moment. Il faut dire, le peloton n'était pas très gros, cela facilitait les choses, par contre la qualité était bien présente. Malheureusement, le début de course nous n'était pas trop favorable à l'équipe avec une échappée partie sans nous. Ils auraient pu prévenir au moins ! C'était moins marrant pour mes équipiers (Olivier Grammaire et Martial Locatelli en tête en bon capitaines de route), ceux-ci faisant un super boulot pour ramener le peloton sur les fuyards. Tout était à refaire, valait mieux pour nous. La suite est meilleure avec un coureur du SCO Dijon dans chaque échappée. Olivier Nari se montrait le plus entreprenant, ainsi que toute notre bande de jeunes (Nicolas Bourdillat, Alexandre Friboulet, Thomas Brigaud, Aurélien Stehly, Benoît Geoffroy...). Cela ne voulait pas casser et ça revenait à chaque fois dans les parties plus roulantes. En fin de compte, la sélection se faisait par l'arrière avec la succession des ascensions de la grosse difficulté du circuit. J'ai dû la monter à la même vitesse toute la course, n'arrivant pas retrouver un peu de « giclette » après deux jours de course. Par rapport aux autres, je sentais manquer de jus dans la partie raide, par contre, sur le faux plat qui suivait, j'arrivais à exploiter toute ma puissance en « descendant les dents ». J'observe d'ailleurs que l'accumulation des grosses courses de l'an dernier m'a fait progresser de ce côté-là. Revenons au scénario de la course. Au moment d'aborder la dernière ascension, le peloton avait déjà bien maigri. Je jetais mon peu de force qui me restait pour ne pas basculer trop loin des meilleurs (Benoît Luminet et Ben Johnson étaient impressionnant dans la bosse !). Les jambes et les bras me brûlaient, mais je serrais les dents. Nous parvenions à combler avec un petit groupe les cent mètres de retard que nous avions avant la descente, la victoire restant indécise à cinq kilomètres de l'arrivée. Je tentais ma chance à trois bornes, sans réussite. J'étais un peu sec, il faut dire, et à défaut de cartouches, je crois bien qu'il ne me restait plus en stock que quelques pétards mouillés. Un courageux faisait la borne, mais le reste du groupe veillait au grain et nous étions une vingtaine à se départager au sprint. Mal placé en abordant le dernier virage, je restais à ma place pour finir 11e DD, mieux placé que moi, réussissait à décrocher une méritoire 5e place après un week-end réussi (2e, 1er et 5e).
Personnellement, j'ai vu que je pouvais faire la course trois jours de suite avec de bons résultats. Je suis donc près à affronter les dures courses à étapes du mois prochain (tour du nord Isère et le ruban granitier breton) et surtout près à décrocher une victoire pour mon nouveau club. Peut-être la semaine prochaine lors de deux courses en Lorraine ?
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