
Vous avez dit poissard ? juste un petit peu...Après notre tour de Franche-Comté plutôt réussi collectivement, et la satisfaction de ma prestation personnelle, je comptais profiter de ma condition pour les prochaines courses, tout en levant le pied afin de récupérer d'un début de saison chargé. Mais c'était sans compter sur les coups du sort et surtout sur la dangerosité de la circulation parisienne. Alors que je me rendais en scooter chez mon kiné, Bruno Garbaccio, pour mon massage quotidien (ah, la belle vie !), j'étais victime d'une belle chute sur les Champs Elysées (mais loin de faire de l'ombre à celle d'Abdoujaparov !) à cause d'une chaussée rendue humide par une averse, mais surtout par la faute d'un automobiliste pilant de manière surprenante alors que personne ne le précédait. Résultat : après avoir craint une fracture de la clavicule, une subluxation acromio claviculaire était révélée. Plus de peur que de mal. Enfin, ça fait quand même mal cette « connerie ». J'étais au repos trois jours (ça m'a permis de couper un peu comme ça : un mal pour un bien !) et j'ai essayé de rouler jeudi. Je ne pouvais pas laisser passer ce beau temps tout de même. J'ai réussi à faire trois heure en fin de compte, mais pas la peine de penser me mettre en danseuse, l'épaule me faisant trop mal en tirant sur le guidon. J'ai pu ainsi travailler le coup de pédale en montant toutes les bosses assis. Je gardais tout de même le moral car les jambes tournaient très bien, c'était le principal.
Après 2h30 vendredi, avec un petit tour par Roland Garros l'après-midi (merci Jean-Louis), et 3h samedi en pouvant légèrement me mettre en danseuse, je décidais tout de même de participer aux Boucles de l'Austreberth le dimanche. Mon objectif étant essentiellement de finir afin de m' « entraîner ».
Nous étions 172 coureurs au départ (Olivier Nari et Fabien Fleury m'accompagnaient, les autres ayant préféré « couper » ce week-end) de cette course vallonnée développant un parcours de 156km répartis sur trois boucles différentes. La météo n'avait pas mentie. Nous avons affrontés la pluie et la baisse de température toute l'épreuve, rendant cette course encore plus exigeante. Après un départ nerveux, un groupe de neuf coureurs prenait le large assez rapidement. Je tentais une ou deux fois de lancer un contre, sans résultat. Pour soulager mon épaule, je restais le plus souvent assis, car elle me faisait souffrir à chaque fois que je tirais sur le guidon. Pas évident, surtout quand la pluie accentuait les relances et les risques de chute. Je décidais alors de rester « au chaud » afin d'économiser mes forces pour le final. Plusieurs équipes n'étant pas représentées à l'avant, je ne m'affolais pas. Cependant, je restais vigilant en restant bien placé afin d'éviter les pièges, la sélection se faisant par l'arrière. Après avoir atteint trois minutes, l'écart ne fit que diminuer sur la fin sous l'impulsion du travail des équipes piégées. L'échappée ayant explosé au fur et à mesure des difficultés, nous les reprenions les fuyards un par un. À 25-30km de l'arrivée, l'avancée du peloton se faisait que sous l'action des différentes attaques. Je tentais une première fois ma chance dans une descente alors que nous entamions la dernière boucle, en vain. Le peloton était quand même réduit à présent. Quatre coureurs réussissaient à sortir du peloton (LELAY, COUGE, BUIRON et CUMONT) alors qu'Yves Delarue était le dernier résistant de la première échappée. J'attaquais encore une fois à la faveur d'une descente (sur le mouillé, j'adore !) et entamais la montée suivante à bloc. Je revenais sur Delarue, Buiron et Cumont qui s'étaient fait lâcher par Lelay et Cougé, alors que Clain et Bisiaux rentraient de l'arrière. Les deux échappées étaient vraiment fort car ils avaient creusé rapidement, leur avance étant d'une minute à 10km de l'arrivée. Pourtant, ça n'amusait pas la galerie derrière. Tous à bloc, nous réduisions l'écart à 40sec à 5km de la ligne. Dans la bosse finale, je ne pouvais répondre à l'attaque de Clain et je me résolvais à laisser filer la 3e place. Mon épaule me faisait mal à chaque fois que je me mettais en danseuse, mais je serrais les dents. Allez, un dernier effort pour le sprint. Les 500 derniers mètres étaient plats avec un virage à 150m de la ligne. Je prenais le virage comme il fallait et réglais pour la 4e place mon groupe, Olivier Nari alignant le suivant pour la 8e place. Sacré course ! Une belle course de guerrier comme je les aime. De nombreuses crevaisons ont été à déplorer et seulement 67 coureurs ont été classés. Heureusement que je devais la faire en dedans, en entraînement...Je crois que je ne pourrais jamais le faire. Chasser le naturel, il revient au galop ! C'est dans mon tempérament de faire la course. C'est comme ça... Seulement, c'est après la course et aujourd'hui que je douille au niveau de l'épaule. Il va falloir que je la ménage cette semaine afin que les ligaments guérissent pour les prochaines échéances...