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Week-end Bourguignon victorieux!

photo de Philippe Maupetit.

Sac de pluie ou non ? Telle est la question que je me posais en faisant mon sac pour un nouveau week-end de course. Cette fois, direction Dijon et le Bourgogne pour deux courses à « domicile » pour le club. La météo prévue était pourrie, n'ayons pas peur des mots, je m'étais donc attaché à ne rien oublier pour deux jours de course : jambières, manchettes, gants longs, sur chaussures... J'avais l'impression de partir pour une semaine de vacances avec tout ce barda ! Comme d'habitude, j'ai fait le voyage en train la veille de la compétition, via le RER qui m'amène directement à gare de Lyon. C'est vrai que je ne passe pas inaperçu et que ce n'est pas évident avec ma housse à vélo, mais c'est le plus pratique pour moi vue les embouteillages sévissant régulièrement sur Paris.

Après une nuit passée à l'appartement de l'Australien de l'équipe, Kieren Cameron, direction Charolles pour participer au tour du Charolais. Le moins que l'on puisse dire, c'est que le froid était au rendez-vous, avec quelques petits flocons faisant leur apparition de temps à autre. Je me félicite d'avoir prévu tout le nécessaire pour affronter les frimas annoncés. J'ai donc pris le départ en long. Ayant les genoux fragiles, je préfère prendre cette précaution, surtout en prévisions des prochaines échéances de la saison. C'est peut-être l'expérience qui rentre...
La météo n'avait pas menti concernant le vent. Celui-ci, très violent, favorisait un départ très rapide sur des routes sinueuses et jamais plates. Il allait falloir que je m'habitue vite car c'est toujours comme ça dans ce « pays » : tout le temps en prise dans de véritables montagnes russes. Style Space Mountain, le plaisir en moins. Les sensations fortes étaient au rendez-vous, mais je peux vous dire que je n'amusais pas la galerie. J'essayais de ne pas me faire piéger dans les différentes cassures en m'employant entièrement. L'arrivée me paressait loin alors que j'étais déjà « taquet » au bout de 25km. Ce parcours offrait très peu de récupération, le vent glacial n'arrangeant guère la situation. Après 80km, un groupe d'une vingtaine d'unités, avec J.C. Péraud et J. Dérangère de chez nous, se détachait à la faveur d'une des très sélectives bosses de la première grande boucle d'une centaine de bornes. Pensant que l'affaire était pliée et ne ressentant pas d'exceptionnelles sensations, je me résolvais à finir dans le gruppetto. Mais voilà, la chance étais avec moi ce jour-là, vous comprendrez plus loin. Un groupe de contre ressortait du peloton avec T. Brigaud et j'accrochais de justesse le bon wagon. Après une vingtaine de kilomètres de chasse, nous effectuions la jonction en arrivant sur le circuit final. À ce stade, j'avais un peu l'impression d'avoir tout donner. Seulement, les deux bosses du circuit final de 9km à effectuer à cinq reprises étaient loin d'être une partie de plaisir. Je m'efforçais alors à me refaire un peu la cerise. Deux pâtes de fruit et une rasade de boisson au sirop et ça repart. Vite dit. Nous étions entrés dans les quarante derniers kilomètres, et les attaques fusaient. Je me lançais dans quelques coups au courage afin de représenter l'équipe, mais aussi pour passer les difficultés avec un peu d'avance, histoire de gérer mon effort. Dans l'avant-dernier tour, quatre hommes faisaient le forcing dans la deuxième difficulté du circuit. J.C. Péraud, notre vététiste volant, était de ceux-ci. Jérémy était dans un groupe de cinq éléments en contre. Quant à moi, j'étais relégué dans un troisième groupe. La fin de course se faisait au courage, alors je décidais de sortir dans la dernière ascension afin de rentrer devant. Je montais celle-ci grand plateau, quitte à se faire péter les cannes autant bien le faire, et effectuais la jonction après le sommet. Il restait alors 4km. J.C. étant devant, personne ne me demandait de passer, ce qui me permettait de récupérer de mon effort violent. Étant trop surveillé à la flamme rouge, je me décidais tout de même à attaquer en anticipant le sprint à 500m de la ligne. Personne ne réagissant, je terminais 5e après que JC ait passé la ligne en 3e position et que Jérémy finissait 9e. Encore une fois, la victoire nous échappait malgré l'omniprésence de J.C. à l'avant de la course. C'est vraiment un très bon grimpeur. Si seulement l'arrivée avait été en bosse... Pour ma part, même si le résultat est là, j'ai eu l'impression de me battre toute la course, n'en voyant pas le bout. J'ai vraiment fait ça à l'arraché, au courage, car les sensations étaient plutôt moyennes. D'ailleurs, nous nous demandions avec Jérémy dans quel état de fraîcheur nous serions le lendemain.

Après avoir fait le plein de féculents, mais pas de massage par contre (c'est comme ça qu'on voit les guerriers il paraît), le 93e Dijon Auxonne Dijon était au menu de ce dimanche « Paris Roubaisien ». Organisation du club oblige, la totalité de l'effectif était alignée au départ. La tension se faisait sentir au départ, l'envie et l'obligation de bien faire étant dans tous les esprits. Le vent étant encore de la partie, le fictif se déroulait dans un climat tendu où il fallait jouer des coudes pour maintenir sa place, les bordures étant à prévoir dans ce « plat pays ». En effet, la course allait se dérouler sur un parcours totalement plat, la seule difficulté étant de négocier au mieux les bordures créées par le vent. À ce jeu-là, Olivier Grammaire n'est pas le plus maladroit, et c'est sans surprise qu'il se trouvait dans la première échappée sérieuse qui allait ouvrir la route pendant une bonne partie de la course. Son initiative permettait au reste de l'équipe de se ménager. Pour ceux qui avaient couru la veille, ce n'était pas de refus. L'équipe de Chambéry étant piégée, elle était la plus entreprenante dans la poursuite. Ne me débrouillant pas trop mal quand ça frotte, merci les classiques belges de l'an dernier, je restais en tête de peloton sans trop dépenser d'énergie. La course prenait une autre tournure alors que nous revenions sur les échappées à une cinquantaine de kilomètres de l'arrivée. A la faveur d'une portion avec du vent trois quarts favorable, je me faufilais dans une première bordure de quinze coureurs où je retrouvais cinq de mes coéquipiers (J. Dérangère, O. Grammaire l'infatigable, O. Nari, B. Geoffroy et K. Cameron). Nous faisions le forcing les premiers kilomètres pour creuser au maximum l'écart. Saint-Étienne et Saint Amand étant piégés, une lutte à distance s'installait jusqu'à 15km de l'arrivée. À cet instant, l'écart d'une minute décourageait les poursuivants et nous pouvions sereinement penser à la victoire. Enfin, sereinement... Nous savions seulement que la victoire allait se jouer parmi les coureurs de l'échappée. Paradoxalement, notre club étant le mieux représenté, c'est Benetière du Creusot qui plaçait la première banderille à 15km du but. Ça y est, nous étions enfin dans le vif du sujet, et le mouvement d'attaques était lancé. Dans l'équipe, c'était chacun son tour, et nous rendions coup pour coup à nos adversaires. Nous nous méfiions de Benjamin Johnson pour une éventuelle arrivée au sprint, et c'est dans le but d'éviter cette situation que je contrais sur la droite de la route à une douzaine de bornes de l'arrivée. Mais au moment de placer mon démarrage, sans concertation, mon équipier Benoît Geoffroy faisait de même à gauche de la chaussée. Pas de problème, plus on est de fou, plus on rit. Nous étions donc parti pour un bon duo bourguignon de 12km. Après avoir creusés un écart de quinze secondes assez rapidement, l'écart se stabilisait avec la chasse qui s'organisait derrière. À l'avant, nous donnions tout, sachant que nous pouvions compter sur le travail et les éventuels contres de nos équipiers restés avec les poursuivants. Le vent défavorable dans les derniers kilomètres ne nous facilitait pas la tâche, mais nous nous encouragions, l'éventuel dénouement victorieux à domicile motivant dans un pareil cas. Après 12km à s'être donnés à fond, nous avions la banderole d'arrivée en ligne de mire, mais également certains poursuivants « au cul ». Benoît étant un peu en bout de course, il n'y eut pas vraiment de sprint, même si je démarrais à 200m pour finir avec quelques longueurs d'avance. Benoît terminait à la 2e place alors que Jérémy, Olivier N. et Olivier G. complétaient notre totale réussite en prenant respectivement les 3e, 4e et 6e place. Grandiose!
Ça va tellement vite que je n'ai pas réellement eu le temps de penser à quelque chose de précis. C'est plutôt un chamboulement d'émotions qui est monté en moi au moment de passer la ligne. Ça faisait tellement longtemps que j'attendais de pouvoir lever de nouveau les bras. Après m'être fait de nouveau opérer de l'artère iliaque, c'est un agréable moment récompensant tout mon travail à l'entraînement effectué depuis fin janvier.

Mais plus qu'une satisfaction personnelle, c'est une vraie victoire d'équipe. Car n'importe lequel de l'équipe dans l'échappée pouvait prétendre à la victoire. C'est tombé sur moi, même s'il a fallu aller la chercher, mais nous étions six sur la première marche du podium. Je tiens sincèrement à remercier l'ensemble de l'équipe, dirigeants inclus, pour tout le boulot qu'ils font. Je suis vraiment heureux d'appartenir à ce club où règne un très bon état d'esprit et une saine émulation. Un club où l'ambiance extérieure se ressent sur la route, les résultats ne pouvant qu'en découdre. Longue vie au SCO Dijon – Team Lapierre...
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