
Après un Ruban Granitier me laissant sur ma faim, mais dont je suis sorti en bonne condition, j'avais rendez-vous ce week-end pour la première manche de coupe de France DN1 à Tarbes Sauveterre. Motivé à l'idée de me confronter aux meilleurs coureurs élite 2 évoluant en France, j'étais bien décidé à faire un résultat afin de marquer des points pour l'équipe.
C'est la première fois que je participe à cette course, et j'ai été prévenu que c'était une course d'usure, les consignes d'avant course étant, pour ma part, de ne pas bouger avant la fin de course. Une partie de l'équipe était désignée pour aller dans les coups qui pouvaient se dessiner en début dépreuve. Seulement, après quelques escarmouches durant les quinze premiers kilomètres et les deux premières bosses, où l'allure était rapide, une échappée de quatre coureurs prenait le large rapidement. Le peloton ne réagissait pas et l'écart grandissait dans de grandes proportions, ça faisait rideau comme on dit. Romain Mary tentait bien de lancer un groupe de contre, mais un seul coureur prenait sa roue, rendant sa tentative très difficile. À croire qu'il aime les raids à deux, comme au Ruban. Mais entre temps, il a pris de la confiance en renouant avec le succès jeudi dernier au Prix Dombes-Bresse. Jérémy Dérangère prolongeant l'euphorie en complétant le doublé. Revenons à la course. L'écart était déjà conséquent avec les fuyards, et ils ne purent effectuer la jonction, Romain laissant quelques forces dans l'affaire. Au moins, il aura essayé. J'aime bien ce genre de coureur qui tente des coups comme ça, à l'instinct. Un jour, ça peut marcher.
Le peloton était plutôt apathique, le tempo étant réglé par les équipes favorites, et tous les coureurs attendaient le final qui se déroulait sur deux boucles autour de Sauveterre, de 25 et 7 kilomètres, très sélectives. Je n'avais jamais effectué de manche de coupe de France et je peux vous dire que je n'aime pas trop la manière de courir de ces manches. Beaucoup de chutes étaient à déplorer à cause de la nervosité régnant dans le peloton, mais surtout, la course ne s'est vraiment décantée qu'en arrivant sur Sauveterre. La course d'usure n'a pas eu lieu et ce n'est pas pour m'avantager. L'écart avec les échappées était passé en dessous de la minute en entamant la première boucle et c'est le moment que je choisissais pour entrer en action. Nous sortions à trois en contre à la faveur d'un talus et plongions dans la descente avec une poignée de secondes sur le gros des troupes. Seulement, au loin se profilait la prochaine difficulté, et pas des moindre. Une bonne bosse qui te scotche bien à la route, à l'arrachée avec le 41x23. Le point de mire des échappées permettait de se motiver, mais je voyais l'avant-garde du peloton fondre sur nous au sommet, sur l'impulsion de Benoît Luminet. Je me faisais violence pour reprendre les roues dans le faux plat précédant la descente, encouragé par mes équipiers Olivier Grammaire et Jérémy Dérangère, bien placés aux avant postes. La suite du parcours était un bon chantier et je n'arrivais pas à récupérer de mon effort. Il est vrai que je n'avais pas l'avantage de connaître le parcours, ce qui est assez difficile à gérer dans une telle situation. Je m'accrochais, mais je sentais que les jambes ne répondaient pas comme d'habitude. Les échappés étant tous repris, nous nous battions à présent pour la victoire. Enfin, ce qui restait du peloton, un bon écrémage s'étant opéré. Nous n'étions plus qu'une soixantaine sur les 160 coureurs partants. Nous étions à présent sur une route large. Mais large ne veut pas dire facile. Nous enchaînions les taquets alors que nous étions à une quinzaine de bornes de l'arrivée. Le genre de coup de cul sur une quatre voies où tu ne sais pas quel braquet mettre. À la faveur d'une cuvette, je profitais de l'élan pour répondre à une attaque de deux coureurs et tentais de poursuivre l'effort.Seulement, on peut dire que je restais lamentablement planté et me faisais contrer par René Mandri, l'Estonien de St Etienne, qui emmenait dans sa roue un groupe de quinze coureurs. Heureusement, Jérémy avait senti le bon coup et faisait partie de la fête. Je m'arrachais pour reprendre les roues du reste du groupe et ne pouvais que constater que la bonne était partie. Tout le monde était à bloc avec moi pour tenter toute poursuite. Il ne restait plus qu'à encourager Jérémy dans l'oreillette et tenter de rapporter le maximum de point en terminant dans les trente premiers. À l'entame de la dernière boucle de 7 kilomètres, nous n'étions plus que trois de l'équipe dans ce qui restait du peloton. Moi, Olivier Grammaire et Olivier Nari. Le jeune Nicolas Belot, après avoir effectuer un énorme travail depuis le début de course, ayant sauté juste avant. Seulement, cette boucle était du même acabit que l'autre, un vrai chantier. Et pour moi, il n'y avait pas de miracle, je n'allais pas aller mieux comme ça. Je me prenais une cassure dans la dernière bosse et finissais au sein d'un troisième groupe en compagnie d'Olivier Nari (41e), terminant à la 47e place, malheureusement pas dans les points. Olivier Grammaire, qui avait réussi à accrocher le deuxième groupe, pointait pour sa part à une méritante 22e place.
Heureusement pour le moral, j'apprenais dans le dernier kilomètre, par l'intermédiaire de l'oreillette, que Jérémy l'avait emporté. Quel coursier ! Je pense que c'est sa meilleure saison. Sa maturité et sa manière de courir juste lui permettent cette année d'en gagner des belles. J'espère que ça va continuer car il le mérite, sa manière de concevoir le vélo et son état d'esprit étant exemplaires.
Personnellement, je ne me suis pas fait plaisir durant cette course. Je pensais avoir de bonnes jambes avant d'arriver sur le final, mais celles-ci ne répondaient pas comme je le voulais. C'est mon premier jour « sans » de la saison et c'est dommage que cela tombe ce jour-là. Car même si j'ai rapidement senti que la victoire n'était pas accessible, j'aurais aimé pouvoir servir l'équipe en marquant des points pour la coupe de France.
La victoire de Jérémy et la place d'Olivier permettent tout de même à l'équipe de figurer en troisième position. C'est une belle satisfaction pour l'équipe.